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Aujourd’hui bien établi dans notre région, utile à la gestion durable de la faune et des forêts, le lynx a aussi besoin de l’infrastructure écologique : des forêts giboyeuses et des possibilités de circuler d’une aire de peuplement à une autre. Dans les Alpes la protection des grands mammifères peut être considérée comme un succès acquis au 20e siècle : de quoi nous inspirer pour poursuivre l’effort ?

La présence des grands mammifères sauvages dans leur milieu naturel semble être aujourd’hui un bien commun évident, de la responsabilité de chaque pays. La population suisse est particulièrement fière de son abondante faune alpine que chacun peut observer sans grande difficulté.  A juste titre, car c’est le résultat d’un ensemble de mesures prises au 20e siècle pour parer aux erreurs du passé.

Cette fierté ne doit cependant pas faire effet d’œillères : en Suisse en ce début de 21e siècle une espèce animale disparaît chaque année … Le cas du lynx illustre bien que la sauvegarde de notre biodiversité ne peut pas se résumer à une ou l’autre action isolée.

La notion d’infrastructure écologique s’éclaire quant à elle lorsqu’on pense aux besoins des grands mammifères.  D’une part ils ont besoin d’espaces vitaux où ils peuvent se nourrir, se réfugier et se reproduire, et d’autre part ils doivent pouvoir se déplacer entre ces espaces. Pour le brassage génétique de leurs populations, pour leurs migrations saisonnières, à l’exemple du cerf dans nos régions, ou pour la recherche de nouveaux territoires par les jeunes adultes, notamment chez les grands prédateurs.

De l’extermination à la protection des grands mammifères
Les grands prédateurs ont disparu de nos régions parce qu’ils ont été la cible des hommes, mais aussi parce que la surexploitation des forêts et la chasse avaient fait disparaître leurs proies : en Suisse les derniers bouquetins ont été abattus autour de 1800, le cerf avait déjà été exterminé en 1850 et le chevreuil était devenu très rare en 1900… Le dernier lynx vaudois a quant à lui été abattu vers 1830 à L’Etivaz et on n’en a plus observé en Suisse après 1900.

Dans la seconde moitié du 20e siècle les choses se sont heureusement inversées grâce aux effets de la loi forestière (1901), à la création de grandes réserves naturelles (le Parc national en 1914, La Pierreuse en 1945), au changement d’attitude envers la faune, à une bonne gestion de la chasse et au statut de protection accordé à certaines espèces, parfois complété par leur réintroduction. Aujourd’hui nos régions sont très giboyeuses et les grands prédateurs ont naturellement suivi le mouvement.

Le lynx, une réintroduction couronnée de succès
Le cas du lynx est intéressant : réintroduit dans les années septante, il s’est depuis dispersé selon l’abondance du gibier et en fonction des barrières que lui imposent la présence humaine, notamment au niveau des infrastructures qui interrompent les couloirs à faune. Le Réseau écologique national, le REN, a été défini pour garantir la trame de base de cette connectivité biologique ; pour être suivi d’effets il doit être traduit dans les planifications cantonales et communales.   

Le jura et les préalpes occidentales ont été au cœur de cette évolution du lynx. Quelle est sa présence actuelle dans nos régions ? 36 lynx indépendants et 10 juvéniles, de 8 portées différentes, ont été photographiés lors du dernier monitoring effectué par le KORA en hiver 2015/2016 sur l’aire de référence nord-ouest des Alpes élargie (soit 1687 km2 entre la Veveyse et le lac de Brienz, comprenant l’ensemble des Alpes vaudoises, l’Intyamon, la vallée de la Jogne, le Saanenland, le Simmental et le Diemtigtal)   Sur cette base le KORA estime une densité de lynx indépendants de 2,44 par 100 km2, supérieure à celle estimée en 2013/2014 dans la même région.

La densité par 100 km2 d’habitat favorable permet de faire des comparaisons avec les autres aires de référence en Suisse : 2,70 lynx indépendant pour l’aire de référence du nord ouest des Alpes (2,60 pour la même aire élargie à l’ensemble des Alpes vaudoises), soit une densité comparable aux autres aires de référence (Jura centre, nord est de la Suisse, Suisse centrale ouest), inférieure à Jura sud et supérieure à la Suisse centrale milieu ou au Valais nord.
Aujourd’hui le lynx fait donc partie de l’environnement naturel dans trois grandes régions du pays : l’arc jurassien, le nord ouest des Alpes et le nord est de la Suisse. Sa présence dans cette troisième région est due à un programme de déplacement de lynx capturés dans les deux premières entre 2001 et 2008. Quel chemin parcouru depuis les premières réintroductions du lynx en Europe centrale !

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Rappelons que la Suisse a été pionnière dans cette démarche, notamment en vue de diminuer la pression du chevreuil sur les forêts, sachant que celle-ci allait s’accroître avec le retour naturel du cerf.  Suite à une décision du conseil fédéral en 1967 les 3 premiers couples de lynx provenant des Carpates ont été réintroduits à Obwald par un inspecteur forestier entre 1970 et 1972, suivis de 2 couples réintroduits au Creux du Van en 1974 et 1975 par l’inspecteur cantonal de la chasse, 2 mâles à Taveyanne dans les Alpes vaudoises en 1976 par l’inspecteur de la faune, etc.

Un prédateur utile aux forestiers, des populations à relier
La Suisse a ainsi assumé une responsabilité centrale dans la protection du lynx en Europe (arc alpin et jura). Même si toutes les discussions ne sont pas entièrement apaisées autour de sa régulation, la présence du lynx st largement admise comme souhaitable par la population du pays.

Les mesures mises en place pour la protection des troupeaux limitent grandement son impact sur les moutons (les dégâts ont diminué de manière significative depuis les années 90) et il est lui-même un régulateur des ongulés apprécié des forestiers. En effet chaque lynx prélève en moyenne une proie par semaine, essentiellement des chevreuils et des chamois, et sa prédation favorise une répartition plus équilibrée des ongulés sur le territoire forestier.
Sa présence limite par conséquent l’effet d’abroutissement, permettant une meilleure régénération des forêts. Une réintroduction et une cohabitation largement positives, pour autant qu’on respecte le statut de protection de cette espèce toujours menacée et qu’on continue de prendre en compte le souci des éleveurs. Cette réussite sera complète lorsque la mise en place de l’infrastructure écologique permettra de connecter entre elles les différentes populations de lynx.

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