La vipère habite dans les quatre régions du Parc. Protégée, elle est tout aussi essentielle à la diversité biologique que les mammifères, les oiseaux ou les insectes. Gaëtan Mazza œuvre pour le Karch (Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse). Il parle de ce reptile singulier, issu du fond des âges, trop souvent craint et persécuté par ignorance (pour en savoir plus: une sortie avec Gaëta Mazza est prévue samedi 7 juillet. Plus d’informations).

Quelles espèces de vipère vivent dans le Parc ?
Il y a deux espèces : la vipère aspic et la vipère péliade. La première préfère la chaleur et on la trouve plutôt au Sud de l’Europe. La seconde vit plus haut en altitude. Elle apprécie les températures plus fraîches et est présente jusque dans les pays nordiques.

Y a-t-il d’autres espèces de serpents dans le Parc ?
Oui, la couleuvre à collier et la coronelle lisse. On peut parfois confondre cette dernière avec les vipères, même s’il existe des moyens de différenciation, tels que la forme du corps (plus trapue chez les vipères), les écailles sur la tête (un peu plus grandes chez la couleuvre) ou, plus difficile à voir, la pupille (ronde chez les couleuvres, verticale chez les vipères).

Comment se déroule la reproduction des vipères ?
En automne, tous les deux ou trois ans, la femelle met bas six à dix petits vipéreaux. Ils sont tout de suite autonomes. La saison des amours se déroule au printemps. Mais il est très difficile d’y assister. Je n’ai encore jamais eu la chance d’observer ce phénomène.

Que mange-t-elle et qui sont ses prédateurs ?
La vipère se nourrit principalement de petits rongeurs et de lézards. Ses prédateurs sont les oiseaux. Le circaète (un aigle au plumage plus clair que l’aigle royal) en est friand. J’en ai observé un dans la région de la Dent-de-Lys, ce qui est remarquable, car ce n’est pas sa répartition habituelle. D’autres reptiles, des blaireaux, des martres et même des hérissons sont capables de la boulotter. Elle est aussi victime de persécutions humaines.

Pourquoi ces persécutions ?
Il existe encore beaucoup de mythes infondés qui font que les vipères sont considérées comme nuisibles. C’est méconnaître ce reptile qui ne mord que s’il est surpris. Il est craintif, il fuit dès qu’il sent une présence. A noter que tous les reptiles en Suisse sont protégés (Loi sur la protection de la nature). Il est donc strictement interdit de les toucher, de les tuer. Seules les personnes ayant une autorisation peuvent les manipuler.

Les vipères sont redoutées.
Contrairement aux idées reçues, les morsures de vipères ne sont pas mortelles. Les morsures (une vingtaine par année en Suisse) peuvent toutefois provoquer des réactions. Il est indispensable de consulter un médecin.

Comment éviter les morsures ?
Je conseille aux promeneurs de se chausser correctement, d’éviter de mettre leurs mains dans des buissons sans vérifier et de bien regarder où ils s’asseyent. Pour les teneurs d’alpage, je préconise d’éviter de laisser des zones embroussaillées ou des tas de bois aux abords des chalets, surtout dans les endroits exposés au sud. On peut rester sans autre à deux mètres d’une vipère. Son allonge est équivalente à un tiers de son corps qui mesure rarement plus de 70 centimètres.

Est-elle menacée de disparition ?
En plaine, où son habitat a été malmené, les vipères n’existent pratiquement plus. Heureusement que dans les régions préservées du Parc, elles ont encore leur place. Nous sommes en train de réaliser un inventaire avec l’aide de bénévoles. Ils ont de la patience, car c’est un challenge de voir des vipères ! Les observations sont bienvenues et très précieuses ! Elles peuvent être signalées directement au Karch. Mieux on connaîtra la répartition des vipères, plus on sera en mesure de les protéger et de cohabiter avec elles.

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 Gaëtan Mazza avec une vipera berus

 

De la documentation sur le sujet est disponible auprès du Karch. En cas de questions ou de conseils, Gaëtan Mazza se déplace volontiers. Merci de signaler les observations faites sur le terrain.

Pour la partie fribourgeoise du Parc : Gaëtan Mazza | 079 580 88 94 | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Pour la partie vaudoise du Parc : Sylvain Dubey | +41 79 883 09 94 | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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